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LA CONFRERIE DES COTEAUX DE Sucy EN BRIE
JANVIER 1993 – DECEMBRE 1995



Nous voici donc arrivés à la Saint-Vincent célébrée cette année le 24 janvier : Il s’y déroule deux évènements importants : D’abord on installe le 3° Grand Maître de la Confrérie puis deux nouveaux dignitaires prennent la robe. Le banquet est succulent, les convives nombreux et heureux, la fête bat son plein jusque tard dans la soirée.

Pendant le mois de mars une équipe de FR3 tourne un reportage sur la vigne de Sucy, lequel est diffusé le 9 avril au cours du « 19-20 » : Très belle réalisation, 2’35 de bonheur !

Comme elle s’était engagée à le faire la Confrérie, qui veut participer à des actions caritatives, a remis un don, le 9 mai à la Mairie, à un petit éthiopien du Centre de Shashamane pour qu’il puisse subir une intervention lui permettant de recouvrer la vue ; et depuis, chaque année, un don est fait à diverses œuvres reconnues pour l’importance de leurs actions.

Mais tout ça, c’est ce qui se voit. Il se passe pourtant de très nombreuses autre choses moins médiatiques…On travaille sans cesse à la vigne, on élève le 92 qui se présente bien, on étudie de grands projets pour la décoration des caves et on imagine même de créer un petit musée : N’importe quoi !!!

La Saint-Jean, le 27 juin fut grandiose : Nous avions accueilli deux jours avant nos amis du Club der Freunde des Wienes de Bietigheim et ceux des Amateur Winemakers de Camberley. La fête dura trois jours et le pique-nique dans le Clos laissera longtemps des souvenirs inoubliables à ceux qui y étaient. (On y aperçut pour la première fois une jeune femme discrète qui accompagnait le Maire Jean-Marie Poirier : Marie-Carole Ciuntu)

Le 30 juillet une forte délégation de la Confrérie a assisté aux festivités de l’été à Champlitte. Tous en revinrent tellement fatigués qu’ils ne furent pas capables d’en faire un compte-rendu…

L’été, comme chaque année, ceux qui sont présents à Sucy continuent à s’occuper de la vigne dont la récolte s’annonce prometteuse ; mais dès la rentrée il faut préparer les fêtes de septembre, moments forts de la Confrérie. Ban des vendanges et forte affluence à notre stand à la Foire au Troc et à la Fête des Associations.

Le 17 octobre a lieu la 7ème vendange. Suite à une importante campagne d’information on note une très forte participation des Sucyciens et, anecdote savoureuse, une personne qui en province en avait entendu parler avait téléphoné à notre Grand Maître pour lui demander si l’on embauchait des saisonniers ! On récolte 1350 kilos de raisin qui donneront 900 litres de moût et 860 litres de vin à 11°. Les quantités devenant importantes on commence à se poser des questions : Ne faudrait-il pas acheter un pressoir électrique, le pressurage manuel étant trop long, et envisager l’achat de cuves, la vinification en fûts posant un certain nombre de problèmes ? Les avis sont partagés, on en reparlera…

Dans le courant de l’automne a lieu l’aménagement de la salle chapitrale dans les caves du fort : Une grande table du conseil en forme de bouteille et une estrade pour accueillir le « trône » du Grand Maître et son « bureau », un demi fût d’Alsace. Magnifique ! Venez donc vérifier par vous-mêmes.

Le 21 novembre, sur FR 3, dans le cadre de l’émission MAG-CITES, est diffusé un reportage de 13 minutes sur la confrérie laquelle est présentée comme : « un trait d’union entre les habitants et la vie associative (…) pour se faire plaisir et faire plaisir aux autres ».

Janvier 1994 : Ça y est ! Enfin nous sommes rassurés et confortés : La municipalité met à la disposition de la confrérie un terrain de 2000 m2 situé dans le Clos de Ville pour étendre la superficie du vignoble. Nous nous mettons tout de suite au travail pour préparer le terrain, poser les piquets et nous y plantons dès le mois d’avril 200 nouveaux ceps qui pourraient produire leur premier jus en 1996.

Dopés par cet heureux évènement, certains lancent l’idée de créer une nouvelle étiquette pour notre vin et sans attendre se mettent au travail. C’est, à peu de choses près le modèle actuel qui cependant a été amélioré dans le temps à l’occasion des réimpressions successives.

Le 30 avril nous nous déplaçons en nombre à Neuilly-Plaisance, pour l’inauguration de la vigne du « Clos du Vieux Poirier » (Clin d’œil à notre maire de l’époque : Jean-Marie Poirier qui avait bien ri quand nous lui en avions parlé). A noter que cette vigne est la seule en Ile-de-France où Pierre Facon, son Maître de Chai, élève depuis la vendange jusqu’à la mise en bouteille, en passant par le remuage, le seul vin pétillant de la région.


Arrive enfin la Saint-Jean à l’occasion de laquelle est organisé en ville un défilé de vieilles voitures dans lesquelles prennent place les confrères de Sucy et ceux des confréries invitées : Grandiose ! Nous nous regroupons ensuite dans la partie « convivialité » du nouveau terrain pour le Chapitre exceptionnel au cours duquel est intronisé, notamment le dessinateur humoristique Claude Serre qui est un enfant de Sucy.

Suit le traditionnel buffet vigneron préparé par nos sponsors de l’époque : Claude Coursière et Albert Giroux lesquels, le 19 juin, au cours d’un chapitre exceptionnel organisé au marché avaient été respectivement intronisés : Grand Maître Queux et Grand Officier de Bouche.

C’est pendant l’été que nous apprenons une bien triste nouvelle : Roger Keiffer, l’époux de Madeleine, qui avait accepté de mettre les deux premiers terrains à la disposition de la JCES, puis de l’AVIS, pour y replanter la vigne, est décédé. C’est dans la tristesse que nous menons les travaux de la vigne. Il faut pourtant bien continuer et préparer notamment les fêtes de septembre.

Pour la foire au troc il faisait un froid de canard et rares furent ceux qui vinrent déguster notre vin mais pour la fête des Associations ce fut presque la canicule : on faillit même manquer de munitions…

Le 8 octobre, nous sommes une dizaine à nous rendre au IV° Symposium des Vignes d’Ile-de-France à Dreux (eh oui, Dreux selon la tradition est une ville d’Ile-de-France et n’est qu’administrativement rattachée à la région Centre). Très bon accueil, très belles conférences, excellente chère et, cerise sur le gâteau, notre millésime 1992 élevé en fûts de châtaigner y obtient la médaille d’Or ! La nuit fut courte pour fêter cette distinction car dès le lendemain nous devions vendanger à Sucy.

Nous avions, en effet, du avancer précipitamment la date de la vendange car notre vigne faisait l’objet d’une attaque soudaine de pourriture grise. Nous avons donc récolté puis vinifié séparément les raisins atteints. La vendange a cependant produit 1100 kilos.

Le dernier fait marquant de cette année 1994 fut l’émission, par la municipalité d’une flamme postale dans laquelle notre vigne figure en bonne place. Nous fêtâmes cette heureuse initiative lors du traditionnel dîner du Conseil Chapitral au cours duquel nous avons fait honneur à un monumental et savoureux cassoulet.

Dès le début du mois de janvier il fallut se mettre rapidement au travail pour préparer les festivités du X° anniversaire de la vigne de Sucy et pour cette occasion le numéro spécial (20 - vin) de L’Aviseur (20 – vin) pages en couleurs hélas aujourd’hui épuisé. Ce ne fut pas une mince affaire…

Mais d’abord il y eut la Saint-Vincent, le 22 janvier. Au cours du chapitre exceptionnel, deux de nos membres prirent l’habit. Puis la fête batit son plein grâce à nos traiteurs préférés et au fidèle Jacky et son orchestre.

En mars, les enfants des écoles du Centre et des Mésanges plantèrent 300 nouveaux pieds de sauvignon et sémillon dans la nouvelle extension concédée par la municipalité. Les 19, 20 et 21 mai : Nous vécûmes trois jours de grande liesse : « La vigne de Sucy avait 10 ans ! »

Le vendredi après midi, nous avons organisé une dégustation verticale des millésimes 1987 à 1994 commentée par notre ami et Grand Conseiller : Alain Segelle. Certaines appréciations que nous ne pouvons publier faute de place étaient élogieuses. Le samedi, dès 9 heures confrères en tenue et enfants des écoles déguisés en vignerons et vendangeuses défilèrent en ville et au marché. Gros succès car nous tirions derrière nous une charrette sur laquelle trônait un fût empli de vin de Sucy que nous faisions déguster aux passants. Dès 14 heures, sans même prendre le temps de déjeuner : Opération portes ouvertes et visite de nos caves, chais, et salles chapitrales, ainsi que de l’exposition de dessins d’enfants sur le thème de la vigne et le lauréat, Jean-Denis Cinier fut intronisé « apprenti vigneron ».


La journée se termina par un dîner de gala à la Salle des Fêtes avec diverses attractions très appréciées.

Le dimanche à 11 heures, rassemblement devant la médiathèque pour descendre, en cortège, derrière la Musique municipale vers le clos de ville pour l’inauguration de la cinquième et dernière tranche de la vigne de Sucy. On y découvre une magnifique statue d’un Bacchus enfant, monté sur un fût. Avant qu’il ne coupe le ruban symbolique, un enfant récite à notre Maire le même compliment que celui qui avait été lu pour l’inauguration de la vigne en 1985 ; plusieurs des enfants qui avaient replanté la vigne en 1985 étaient présents. La journée se termina par un copieux vin (de Sucy) d’honneur et nous pûmes alors, ensuite, faire une petite sieste bien méritée.


Quelques jours plus tard, le 25 juin, on célébrait la Saint-Jean sur notre terrain d’honneur avec nos amis de Camberley et de Bietigheim venus nombreux.

Mais pendant tout ce temps, il ne faut pas l’oublier, il fallait aussi s’occuper d’entretenir notre vigne, d’élever notre vin, d’aménager nos locaux du fort : mise à nu des pierres de la salle du pressoir au rez de chaussée, installation d’une pompe pour amener directement le moût du pressoir dans les cuves au sous sol.

Heureusement les mois d’été, bien qu’ils nécessitaient quelques uns des nôtres pour bichonner la vigne, permirent aux autres de prendre un repos bien mérité. Ce n’était pas du luxe avec ce qui les attendaient…

En effet, dès le mois de septembre les choses, comme d’habitude, se précipitèrent : XX° anniversaire du Jumelage avec Bitiegheim-Bissingen où une forte délégation se rendit, la foire franche et le ban des vendanges, la Fête des Associations… Lors de cette manifestation il tomba des cordes, on risquait alors de ne pouvoir renouveler de nombreuses cotisations, faire déguster notre vin… Qu’à cela ne tienne, on déplia et arrima devant le stand une grande bâche et de ce fait, étant les seuls à offrir un abri aux courageux visiteurs, ceux-ci se pressaient nombreux chez nous et le vin de Sucy comme la pluie, coula à flots. Notre Grand Argentier garde encore un souvenir ému de cette journée où sa cassette faillit même, dit-il, déborder.

C’est le 15 octobre que cette année là nous avons vendangé et récolté 1025 litres de moût : année record malgré des attaques d’oïdium et de mildiou. Mais la fermentation, en cuve pour la première fois, se déroula comme il faut et après séparation du vin des lies et clarification il restait 980 litres de jus qui furent répartis en neuf fûts.

Une année bien remplie… Heureusement le dernier trimestre fut plus calme, clôturé par le traditionnel Dîner du Conseil Chapitral mais avec avec une grande interrogation: Qui serait le prochain Grand Maître, aucun candidat ne s’étant alors déclaré…On déclara alors que tout membre du Conseil était un candidat spontané et on vota à bulletin secret : l’heureux élu le fut à l’unanimité mais patatras, il ne pouvait être présent à la Saint- Vincent le 21 janvier 1996 car en voyage en Amérique du Sud à cette époque : Que faire ?