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Le Saint Vincent


Saint Vincent nous accompagne depuis le début.

Le 1er juin 1985, lors de l’inauguration de la vigne, le jour où la Jeune Chambre en a remis les clés à l’AVIS, il était parmi les personnalités présentés. Il a assistés à toute la cérémonie et aux festivités du jour, porté à dos d’homme dans une hotte. Sucy-Info ne s’y est pas trompé, qui lui a entièrement consacré la couverture du numéro relatant l’évènement : c’était bien lui la vedette.

Ce saint Vincent-là, c’est l’une de nos adhérentes de la toute première heure qui nous l’avait confié. Nous le lui avons emprunté à nouveau de loin en loin, mais à de très rares occasions seulement car nous en savions la peinture plutôt fragile.

Quelques années plus tard, dans un magasin de bondieuseries à Vézelay, l’un de nous a déniché une petite statuette de saint Vincent, identifiable à ce qu’il tient serpette d’une main et grappe de raisin de l’autre. C’est un moulage en aggloméré de pierre de vingt centimètres de haut, presque un saint Vincent de poche en somme. Paul Le Roch se chargea de le peindre, veillant à donner à sa chape la couleur liturgique des martyrs et à sa chevelure le brun des catalans, mais surtout à ce que la grappe qu’il tient soit de raisin blanc.

Certes, compte tenu de sa taille réduite, ce petit saint Vincent n’a jamais pu participer à nos défilés. Mais il a souvent orné nos stands pendant plusieurs années lors des fêtes de septembre. Nous prenions toutefois la précaution de le coller aux nappes en papier de peur qu’il ne s’échappe. Nous avons par contre vite renoncé à le faire figurer dans le décor de la scène lors des chapitres et des agapes de la Saint-Vincent : de la salle on ne le distingue pas.

Enfin, après encore quelques années, Roger Angelvy, qui avait des accointances en Pologne, nous a proposé d’y faire sculpter pour nous un saint Vincent d’une taille un peu plus raisonnable. Il emporta donc là-bas la petite statuette pour qu’elle serve de modèle à agrandir. Quelques mois plus tard, nous arrivait de Pologne un saint Vincent en bois de cinquante centimètres de haut peint aux mêmes couleurs que le modèle.

Depuis lors, il préside nos chapitres de la Saint-Vincent, juché sur un tonneau. Il participe aussi au ban des vendanges, à la vendange symbolique et à l’offrande à l’église où il reste chaque année quelques jours, profitant de l’occasion pour se ressourcer un peu en compagnie de ses collègues.

Comme, entre ces sorties, il reste de longs mois enfermé dans nos locaux du fort, nous lui avons donné pour compagnie une petite statue d’un confrère en robe. Nous reparlerons de ce saint Vincent plus tard lorsque nous traiterons de la comporte et du brancard.

Quand au petit saint Vincent, il s’est retiré maintenant dans la cabane proche de la vigne où nous rangeons du matériel. Il y a trouvé une niche à sa taille du haut de laquelle il veille paisiblement sur nos pulvérisateurs, tondeuse, produits et autres outils.

Le propriétaire des lieux, quand il lui rend visite, lui adresse toujours un petit clin d’oeil complice.